De nombreuses discussions sur le format fermé d’Apple et de l’iPad / iPhone ont eu lieu sur Internet, Apple recueillant de nombreuses critiques à ce sujet (ici par exemple, sur Liberation.fr ou encore sur Framablog : iPad is bad for freedom).
Dans la plupart des cas, je suis d’accords avec les arguments employés. Cependant, concernant l’iPad, je suis en désaccord. Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’expliquer, je considère l’iPad comme un gadget pour les non geek. J’expliquais que la grande réussite d’Apple était d’avoir focalisé sont développement sur l’expérience utilisateur in fine et non les capacités techniques (billet ici: Votre prochain ordinateu fonctionnera t’il sous iPhone OS?). Apple fait disparaitre la couche technique qui trop souvent sépare l’utilisateur de son besoin d’usage final. C’est ici la grande force d’Apple et c’est pour cela que les débats sur « oui mais regarde l’appareil photo de l’iPhone, il existe mieux ailleurs… » n’ont pas de sens.
Ainsi, les personnes étant le plus réfractaires à l’usage d’un ordinateur, à cause de sa complexité, n’ont aucun mal à adopter et à tirer profit de l’utilisation d’un iPad ou iPhone. L’iPad est en ce sens un peut comme un grille pain (en plus design !) : suffisamment simple pour que tout le monde puisse l’utiliser. Vous souciez-vous du fonctionnement d’un grille pain ou d’un micro-onde ? Ils font ce pour quoi ils sont faits et c’est tout ce qui nous importe. Je mets l’iPad dans la même catégorie. Il est simple, ne plante pas (merci de ne pas avoir intégré Flash !), et il n’est pas vraiment important de savoir comment il fonctionne du moment que nous en tirions une expérience utilisateur intéressante.
L’ouverture ne se traduit pas toujours par un résultat fantastique pour les utilisateurs finaux (je ne parle pas ici des exploits techniques !). Prenons comme exemple LINUX. LINUX est fantastique, Jaime Linux. J’aime son architecture technique, son esprit, sa robustesse et fiabilité, ses possibilités. Cependant, aujourd’hui, pour l’utilisateur novice ayant uniquement un besoin d’accès à des informations, e-mail, etc… il est impossible de l’utiliser de part sa complexité, son nécessaire apprentissage. Or, de plus en plus, l’ordinateur est un medium d’accès à de l’information, rien d’autre.
Apple à beaucoup été critiqué par son AppStore fermé. C’est-à -dire par l’obligation pour un développer de passer par la case Apple et sa validation pour proposer son application et la mettre a disposition des utilisateurs. Cependant, aujourd’hui, AppStore viens de passer le cap des 250 000 applications disponibles !
Les développeurs sont également contraints d’utiliser l’API fournis par Apple pour la programmation de leur application. API comportant des restrictions interdisant certaines fonctionnalités. Cependant, après 2 ans d’existence, nous ne pouvons que constater que celle-ci est aujourd’hui relativement complète et est améliorée en permanence. Ainsi, les applications pertinentes, novatrices, ne manquent pas sur l’AppStore. L’autre constat est également que, à chaque fois qu’un besoin non inclus dans l’API se faisait pressant (multitâche, utilisation du capteur vidéo pour la réalité augmentée, …), celui-ci à fini par être intégré aux fonctionnalités.
A l’opposée, si nous prenons l’exemple d’Android, celui-ci étant présent sur un nombre important de PDA, avec un nombre important de taille d’écran différent, des composants (CPU, GPU, capteurs divers, …) également très différents, nous ne pouvons que constater que tous ces éléments nuisent à la qualité de l’offre des applications disponibles, ainsi qu’à l’intérêt porté par les développeurs privilégiant une plate forme certes fermée mais stable, simple, avec une visibilité dans le temps. D’un point de vue utilisateurs, les récent problèmes soulevés par la présence d’applications malveillantes, sans réelle assurance d’un contrôle avant la mise à disposition, peut être extrêmement perturbant voire dangereux, l’utilisateur allant sur un « App Store », contrairement à un site web, s’attends ainsi à trouver une application sure.
J’aime les systèmes ouverts, leur esprit, la philosophie sur laquelle ils sont bâtis. Il existera ainsi toujours des systèmes ouverts sur lesquels les plus geek d’entres nous trouveront leur bonheur, et les plus militants d’entre nous une vrai alternative non marchande. Cependant, force est de constater que le modèle de Apple est bien celui fonctionnant le mieux aujourd’hui pour une seule et unique raison : il répond exactement aux attentes des utilisateurs.
Chris Seibold dans un billet pour Apple Matters avait eu la très bonne phrase suivante: «Si l’App Store est tel qu’il est, c’est pour rendre les choses simples pour l’utilisateur moyen», et de continuer «Vous n’êtes pas cette personne, vous en savez beaucoup, vous savez gérer les 0 et les 1 du monde numérique. Bravo, mais vous êtes l’exception, pas la règle»
Pour les utilisateurs finaux, la simplicité est primordiale, bien plus que l’ouverture.
Nous n’aimons pas la politique de « fermeture » et d’exclusivité d’Apple ? Attaquons nous aux usages, aux utilisateurs, à leur connaissance et maitrise des outils d’aujourd’hui, plutôt qu’à une société commerciale qui ne fait que répondre à une demande existante.


EricDelattre.fr



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